mardi 1 janvier 2019

Top 2018 Cinéma | Supfiction





1- Cold War (Paweł Pawlikowski)

2- Leto (Kirill Serebrennikov)

3- Phantom Thread (Paul Thomas Anderson)

4- A Star is Born (Bradley Cooper)

5- L'homme fidèle (Louis Garrel)

6- Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda)

7- Mektoub my love (Abdellatif Kechiche)

8- Mademoiselle de Joncquieres (Emmanuel Mouret)

9- Le Grand bain (Gilles Lellouche)

10- Le Retour du Héros (Laurent Tirard)

11- L'île aux chiens (Wes Anderson)

12- Dogman (Matteo Garrone)

13- Nos batailles (Guillaume Senez)

14- La Belle et la belle (Sophie Fillières)

15- Pentagon Papers (Steven Spielberg)

15- Jusqu'à la garde (Xavier Legrand)




lundi 31 décembre 2018

L’Empereur de Paris (Jean-François Richet - 2018)


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L’Empereur de Paris (Jean-François Richet - 2018)

Ce nouveau Vidocq (après Bernard Noël, Claude Brasseur et Gérard Depardieu en 2001) est globalement une déception. Le contraire aurait été une surprise. Et pourtant, Vincent Cassel est très convaincant dans le rôle. A la fois dur et imposant physiquement, il sait se faire charmant dans les quelques (rares) moments où le scénario lui en donne l'occasion.
En outre, sa diction est bonne, ce qui est de moins en moins courant dans le cinéma français contemporain. Et c'est globalement le cas de presque toute la distribution de cet Empereur de Paris, à l'exception de Denis Menochet peut-être. Et s'il y avait enfin un vrai ingénieur du son en poste ?

Le point noir du film c'est son scénario inexistant. Il n'y a pratiquement pas d'intrigue hormis la question de savoir si Vidocq va obtenir ou non une lettre de grâce lui permettant d'échapper à son statut d'ex-bagnard. C'est vraiment mince et bien trop peu pour se passionner pour ces nouvelles aventures sans ampleur et sans enjeu.

Si la photographie est agréable, les cadrages ne sont pas non plus enthousiasmants, en particulier dans les scènes d'action. Le choix a visiblement été fait de filmer en plan serré et ce n'est pas convaincant et peu agréable à suivre. Trop de tueries également, d’autant plus qu'elles ne sont pas indispensables et sortent souvent de nulle part. A moins qu'il y ai également un problème de montage.

Points positifs : les décors (intérieurs et extérieurs), la photo correcte et un casting globalement réussi et exotique : intéressante Freya Mavor, August Diehl, Olga Kurylenko, Fabrice Luchini taquin (« Bientôt on donnera la légion d’honneur à tout le monde ») et donne l'occasion d'une rencontre d'anthologie avec Cassel. A noter un très bon Patrick Chesnais. Je suis moins convaincu par Denis Lavant. Denis Ménochet est bien lorsqu'il est silencieux avec la gueule de l'emploi.
Mais le casting féminin est sous-exploité. Le personnage joué par Olga Kurylenko en premier lieu. On ne sait pas trop la situer ni à quoi elle sert dans l'intrigue. Les scénaristes auraient pourtant pu en faire un personnage délicieusement ambigu et envoutant comme l'était la géniale Danièle Lebrun mais non ce n'est jamais exploité ainsi. Kurylenko fait pourtant l'affaire même si évidemment elle n'est pas une très grande actrice, elle a le charme suffisant.

J'avais peur d'un trop plein d'action et d'explosion ou de facilités historiques mais sur ce point, le film est une bonne surprise et ne cède pas trop à cette facilité moderne. Quelques noms de personnages historiques (Davout, Murat...) et de batailles (Eylau) sont évoqués pour faire plaisir aux amateurs mais pas trop pour que ça reste accessible. Et surtout, le contexte est limité mais au moins il est respecté (coucou Ridley Scott). Juste un bémol : dommage d'avoir montré l'Empereur l'espace de 2 secondes, ça n'apporte rien et c'est assez décevant (le gars ressemble plus à Rod Steiger qu'autre chose..).

En résumé, avec un vrai scénario on aurait pu avoir quelque-chose de bien. Il y a un vrai problème avec le cinéma de genre historique français, incapable en dehors du registre de la comédie (Le retour du héros) de proposer une histoire originale et prenante.

Le dernier plan est étonnant: serait-ce le palais des tuileries reconstitué ?



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lundi 1 janvier 2018

Top 2017 Cinéma | Supfiction





1 • La la land
2 • Nocturnal Animals
3 • Ce qui nous lie
4 • La villa
5 • Après la tempête

6 • Les derniers Jedi
7 • Marvin
8 • La Planète des singes : Suprématie
9 • The lost city of Z
10 • Problemos
11 • Le redoutable
12 • Monsieur & Madame Adelman
13 • Au revoir là-haut
14 • Detroit
15 • Visages Villages
16 • Battle of the sexes
17 • Blade Runner 2049
18 • Les figures de l'ombre
19 • Life origine inconnue
20 • In a valley of violence

samedi 23 septembre 2017

L'Économie du couple (2016, de Joachim Lafosse)



L'Économie du couple (2016, de Joachim Lafosse)

Après plusieurs années de vie commune, Marie et Boris décident de se séparer. Fille de bonne famille, elle travaille et gagne bien sa vie, tandis que lui accumule les petits boulots périodiques. Elle a financé l'achat de la maison tandis que lui l'a rénovée, apportant ainsi une plus-value. Lorsqu'ils décident de vendre leur maison, la question est désormais pour eux de savoir quelle part chacun doit recevoir...


Un film qui prend aux tripes pour qui a vécu ce genre de situation (ou pas d'ailleurs, preuve de sa force émotionnelle).
Après [i]Le Passé[/i], Bérénice Bejo récidive et donne l'impression d'être désormais maître de sa carrière. Elle est aujourd'hui l'une des actrices françaises les plus intéressantes à suivre. On peut facilement imaginer qu'elle aurait été la dernière muse de Claude Sautet s'il avait pu continuer à faire des films aujourd'hui.
Mais il n'y a pas qu'elle à l'écran, loin de là. Cédric Kahn est pour moi LA révélation de l'année. Il avait déjà attiré mon attention dans des seconds rôles récents ([i]Les Anarchistes [/i]et [i]Un homme à la hauteur [/i]dans une scène très réussit avec Dujardin pendu à un placard) mais là pour la première fois je pense, il a l'occasion d'impressionner dans un premier rôle, ce qu'il fait.
Voici un sérieux "concurrent" à Vincent Lindon et Olivier Gourmet au titre de meilleur acteur français/francophone.
Et, chose de plus en rare dans ce genre de film réaliste, on a droit ici à un véritable épilogue et non pas à une fin facile en "eau de boudin".

Voici donc probablement le meilleur film français de l'année 2016.

samedi 22 avril 2017

Rules don't apply (2016, de Warren Beatty)






Rules don't apply (2016, de Warren Beatty)



En 1958, la jeune Marla Mabrey débarque à Hollywood pour devenir actrice. Elle fait la connaissance de Frank Forbes, un jeune chauffeur ambitieux arrivé quelques semaines auparavant à Los Angeles. Tous deux vont alors se faire employer par le célèbre milliardaire Howard Hughes. Ils finissent par tomber amoureux, malgré les règles imposées par leur imprévisible patron.


En découvrant cette ultime réalisation de Warren Beatty, on pense inévitablement à Aviator, les deux films traitant du même personnage mythique d'Howard Hughes à la différence prêt que le scénario se concentre ici sur la dernière partie de la vie du milliardaire. Beatty est d'ailleurs au moins 30 ans plus âgé que son personnage mais cela passe très bien, d'autant plus que Hughes lui-même était prématurément vieilli d'une quinzaine d'années suite à un grave accident d'avion lors d'un essai. Il portait d'ailleurs un chapeau pour masquer une partie de son visage balafré. Rules don't apply pourrait donc être la suite d'Aviator, il y a d'ailleurs dans les deux films le même épisode célèbre du décollage de l'hydravion king size, le "Hercules", si le ton n'était pas si différent, résolument plus léger et mélancolique chez Beatty (à son image!), dramatique et romantique que chez Scorsese.

Au delà d'un nouveau portrait du milliardaire, rapidement, c'est à Warren Beatty, la légende d'Hollywood auquel on pense quand on est fidèle de l'acteur-réalisateur-producteur, dernier géant (avec Redford et Eastwood) d'une génération bénie d'acteurs ayant débutés à la fin de l'âge d'or d'Hollywood. Beatty boucle en quelque-sorte la boucle avec ce film sur le Hollywood de ses débuts (le récit se passe en 1958, Beatty commence officiellement sa carrière en 1959). Qu'il s'agisse de Bugsy, Bulworth ou de ce biobic sur Howard Hugues (et même dans une moindre mesure de Reds), on retrouve dans chacune de ses réalisations, en sous-texte, la personnalité de Beatty qui innerve le personnage, souvent incontrôlable et en marge, semblant avoir toujours un temps d'avance sur ses interlocuteurs quitte à passer à moitié pour un fou ou au mieux pour un excentrique iconoclaste. Une personnalité également traversée de gravité et d'une profonde mélancolie sublimement exprimée ici par la 5ème symphonie Adagietto de Mahler.

Ainsi, une fois encore, l'acteur constitue le centre de gravité du récit qui n'est cependant pas un biopic. Un peu à la manière de Life, le film d'Anton Corbijn évoquant James Dean à travers un photographe, on observe ici Hawks/Beatty à travers les yeux du jeune assistant à tout faire Frank Forbes dont l'ambition secrète est de proposer au milliardaire de l'associer dans son rêve immobilier aux alentours de Mulholland drive.




Warren Beatty met l'accent sur la peur de vieillir d'Howard Hawks, sa paranoïa (justifiée, il fut suivi et mis sur écoute pendant des années par les fédéraux) et son obsession du contrôle d'image (il employait des sosies, plus jeunes, chargés de se faire passer pour lui là où il n'était pas), écartant d'autres traits de sa personnalité hors normes davantage mis en avant par Scorsese comme son obsession hygiéniste. Pas de kleenex ici donc mais tout de même de savoureuses anecdotes sur la peur des maladies vénériennes ou ses consignes pour la protection des parties intimes des jeunes filles. En filigrane de ces obsessions, il y a le rapport au père ("toujours là" par la transmission de l'ADN) et à la mort : toute sa vie, Hawks aura été un fils et refusa la paternité. Beatty fut père pour la première fois en 1992, à 55 ans, après une longue vie de "célibat".

Pour les deux jeunes protagonistes, Marla, la starlette innocente venue de Virginie accompagnée de sa mère (Annette Bening) pour passer des essais à Hollywood et Franck, jeune ambitieux en quête de financements pour ses projets immobiliers, les rêves passent par l'ogre milliardaire, véritable prédateur sexuel vampirisant la jeunesse.
Marla est un personnage fictif mais elle pourrait très bien être le substitut de la jeune Terry Moore venue avec sa mère et avec qui Hughes se maria en croisière, cérémonie qui ne fut pas reconnue par la justice lors du décès du milliardaire en 1976. Hughes promis le mariage à plusieurs actrices, sans parler de toutes celles avec qui il eut des relations de Lana Turner à Cyd Charisse, la liste serait trop longue (en gros toutes les plus belles filles d'après-guerre).
Pour jouer Marla, Beatty a fait des merveilles dans la direction d'acteur en misant sur la peu remarquée Lily Colins (précédemment Blanche neige dans la version avec Julia Roberts..) qui trouve ici de belles nuances, alternant constamment entre innocence ingénue et audace.
Le jeune Frank Forbes est lui incarné par le très bon Alden Ehrenreich aperçu dans Blue Jasmine (il jouait le fils de Jasmine/Cate Blanchett) et Ave Cesar! des frères Coen, et qui tente actuellement l'impossible : reprendre le rôle de Han Solo). C’est un acteur qui en fait peu mais réussit parfaitement à faire passer l’essentiel.




A noter que le reste du casting est de grande qualité : Annette Bening, Ed Harris, Haley Bennett (la starlette qui monte), Oliver Platt (fidèle à lui-même). On y trouve également les savoureux Alec Baldwin (qui jouait Juan Trippe dans Aviator), Matthew Broderick (très bon dans un second rôle d'homme à tout faire) et Martin Sheen (reprenant le rôle de Noah Dietrich joué par John C. Reilly dans Aviator).

Au-delà du double portrait Hughes/Beatty, le film raconte une belle histoire d'amour contrariée entre deux jeunes ambitieux. J'ai cherché pendant un moment à quoi ce mélodrame tragi-comique me faisait penser et finalement trouvé. Il y a dans Rules don't apply un petit quelque-chose de la tragédie Marius-Fanny-Panisse. Mais je n'en dirai pas plus..

"Rules don't apply", ce titre (à la fois du film et de la chanson écrite par Marla dans le film) s'applique aussi parfaitement à Beatty lui-même. Il aura mené sa carrière (et sa vie privée) comme il l'entendait jusqu'au bout, producteur de presque tous ses films, souvent scénariste et réalisateur (comme Clint Eastwood, sauf qu'il n'a jamais renoncé à se mettre en scène).

L'épilogue est pour la légende. Beatty tire lui-même littéralement le rideau sur son personnage. Sur l'écran et sur sa carrière.

Bye bye le héros que j'aimais.

jeudi 2 février 2017

La La Land (Damien Chazelle - 2017)





"Bienvenue à Hollywood
C'est quoi votre rêve ?
Tout le monde vient ici
Ici c'est Hollywood
Le pays des rêves
Certains rêves se réalisent
Et d'autres pas
Que ça ne vous empêche pas de rêver
Vous êtes à Hollywood
Vous avez le temps
Alors continuez à rêver.."



Voici un film un peu différent de la comédie musicale / feel good movie à laquelle je m'attendais. Car si l'on omet l'épilogue, j'ai trouvé le film très mélancolique, plutôt noir et délicieusement réactionnaire.
Je pense par exemple aux ratées successifs de la relation amoureuse. Passage obligé dans toute comédie romantique, ils semblent ici avoir un sens plus profond sur la difficulté des êtres, spécialement à notre époque, à nouer des liens. Ainsi, soit Emma Stone et Ryan Gosling se rencontrent à chaque fois au pire moment, soit leur flirt classique (façon Ginger & Fred) est interrompue par l'irruption agressive du réel. La magie s'effondre face à la technologie (le téléphone portable en ligne de mire).
Les plus pessimistes pourront considérer que l'histoire réaliste des deux protagonistes se termine avec le renoncement de l'apprentie actrice, découragée et fatiguée par l'humiliation des castings. La suite "c'est du cinéma".. Mais, le film "émeut in-extremis" grâce à cet épilogue euphorique et génial qui emporte tout. Jusqu'au sourire en coin de Gosling, tel-que l'aurait fait Warren Beatty à Nalalie Wood si leur film avait été une comédie musicale et non un drame. Car ce sourire est un sourire complice à la fois au spectateur et entre ex-amants (qui dit à la fois "Je t'ai vu" et "C'est la vie.."). 

Accuser Chazelle de passéisme, c'est exactement ce qu'il fait lui-même avec lucidité.
Il y a une replique du film qui m'a particulièrement frappée, c'est celle avec laquelle Emma Stone reproche a Ryan Gosling de trop s'intéresser à ce qui s'est fait avant 
alors que le jazz est une musique qui va de l'avant ("jazz is about the future.." je crois). 
J'ai vu cette scène comme une auto-critique réaliste et triste de Damien Chazelle. Au delà du jazz, j'ai eu le sentiment qu'il évoquait aussi et surtout son amour du 
cinema classique et la conscience qu'il a de ses propres limites de cinéaste-cinéphile, le sentiment de ne pas être en phase avec un Hollywood qui ne peut pas revenir en arrière et doit aller de l'avant pour survivre.

Sur la forme, j'ai un léger bémol sur l'interprétation que je trouve un peu trop appliqué. Si Emma Stone et Ryan Gosling se défendent correctement dans les parties dansées, ils accusent tout de même la comparaison avec leurs illustres prédécesseurs (Fred Astaire/Gene Kelly, Rita Hayworth/Ginger Rogers..). 
Mais il n'y a pas tant de parties chantées (par les deux protagonistes) que cela : il s'agit d'une demi comédie musicale en fait, loin des tentatives U.S. "récentes" (de Grease à Mamma Mia) ou françaises (Le garçon extraordinaire, Les chansons d'amour..). Les morceaux entraînants du film sont d'ailleurs plus musicales que chantées et la musique qui nous reste en tête après la séance est celle de l'ouverture avec ses chœurs. 
Voilà peut-être ce qui manque au film pour emporter tout : une belle chanson entre les deux acteurs, un futur classique inscrivant le film au panthéon du genre. 
Si le choix du casting d'Emma Stone ne me semble pas indispensable à la réussite du film (d'autres auraient peut-être fait aussi bien ou auraient eu plus de capacités en chant et danse), celui de Ryan Gosling me semble sans équivoque : il a un charme fou (heureusement que Miles Teller - trop moderne- a été écarté à son profit). Il est bien l'héritier des grands charmeurs classiques américains, Newman et Redford en tête. 

mardi 3 janvier 2017

Top 2016 | Supfiction

Top 2016 Cinéma | Supfiction



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1 • Room  
2 • Frantz 
3 • Carol 
4 • Mademoiselle 
5 • Juste la fin du monde 
6 • Une vie entre deux océans 
7 • L’Économie du couple 
8 • Captain Fantastic  
9 • The Neon Demon 
10 • Comancheria

mardi 6 décembre 2016

Quintet (1979)

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Quintet (1979)

Le chasseur Essex arrive accompagnée de sa jeune compagne enceinte dans une ville-labyrinthe où vit sa famille qu'il n'a pas revu depuis des années. Les habitants passent leur temps à jouer au jeu incompréhensible du quintet pendant qu'autour d'eux manigance un démiurge qui en modifie les règles selon les circonstances... Partout la mort rode et le but du jeu semble être de rester en vie..
Un mot rapide sur ce film très peu connu alors qu'il a tout pour plaire sur le papier. Imaginez un peu, un scénario post-apocalyptique à l'atmosphère glaciale, une réalisation signée Robert Altman, un casting 4 étoiles avec autour de Paul Newman les stars européennes Brigitte Fossey (!), Vittorio Gassman, Bibi Andersson, Fernando Rey.
Et pourtant le résultat est un film à l’encéphalogramme plat, à l'exact opposé de son contemporain L'empire contre-attaque, dans lequel Newman semble totalement perdu, Fossey n'a pas le temps d'exister et Vittorio Gassman est un personnage illuminé et grotesque, la faute à un scénario abscons et limité et à des dialogues ridicules. Le tout filmé comme un rêve désespéré (dans cette cité, le mot "ami" a été remplacé par le mot "alliance"!) et brumeux (le bord de l'image est constamment flou, on croirait voir un énorme flashback de 2h). Pourtant l'arrivée depuis l'immensité enneigée, laissait espérer à tort une sorte de Mad Max polaire. Mais c'est une fable morbide, prétentieuse et cynique n'inspirant qu'ennui et déception à laquelle on aura droit.



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Il est de retour / Er is wieder da (David Wnendt, 2015)

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Sous des allures de comédie (à ce titre il y a des passages très drôles), cette satire qui fait froid dans le dos impressionne par sa très grande liberté de ton. A ce titre, les allemands donnent une leçon de comédie grinçante.
Le film qui commence un peu comme Les visiteurs, se poursuit comme un dialogue entre le vrai Hitler et le peuple allemand.


"Je serai toujours en toi" dit Hitler et il a probablement raison. Dans sa dernière partie, la mise en abyme est glaçante, on voit le film dans le film être réalisé, Hitler faire le tour des plateaux de télé et hypnotiser le public, les réseaux sociaux s'activer ("le pire c'est qu'il a raison"). De fait, le propos réussit à aller au-delà du cas particulier allemand, ce que ne manque pas d'illustrer le générique de fin avec des images de différents leaders d'extrême droite actuels dont Marine Le Pen. D'ailleurs, en dépit de sa situation économique enviable, les problèmes allemands semblent très proches de ce qui se passe en France. Et encore, le film a été réalisé en 2014, avant la crise migratoire, avant la Saint-Sylvestre 2015.

"Dérangeant" c'est le mot parce qu'on a pas forcement envie de se marrer en voyant l'affiche (heureusement qu'il y a le petit chien pour dire que c'est une comédie qui commence comme une version allemande des Visiteurs et qui se poursuit un peu à la façon de Borat, dressant au passage un portrait peu flatteur de l'Allemagne et souvent glaçant).

A noter un joli clin d’œil à notre fufu national :

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The Dark Valley (Andreas Prochaska, 2014)

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The Dark Valley (Andreas Prochaska, 2014)

Avec : Sam Riley, Paula Beer, Tobias Moretti

Fin du XIXe siècle. Un cavalier solitaire arrive dans un petit village de montagne perdu au fond d'une vallée des Alpes autrichiennes. Le genre d'endroit où l'étranger n'est pas le bienvenu, surtout quand il s'agit d'un jeune Américain nommé Greider qui souhaite y passer l'hiver pour, prétend-il, immortaliser les habitants avec son drôle d'appareil, ce « miroir doté d'une mémoire ». Petit à petit, on découvre que le photographe a d'autres intentions, moins humanistes, et qu'il est lui aussi doté d'une mémoire...

Présenté à l’avant-première du Festival international du film de Berlin 2014, The Dark Valley (titre original, Das Finstere Tal) est un western austro-allemand qui je crois n'est jamais sorti dans les salles françaises comme cela devient la norme desormais (surtout lorsque comme ici il n'y a même pas de star pour vendre le film). Ce n'est pas un western au sens strict du mot puisque l'action se déroule entièrement dans les Alpes, bien loin de l'Ouest américain. Et pourtant, sur le fond, le scénario est du archi-vu et revu, notamment chez Clint Eastwood (Pale rider, etc) ou Leone (Il était une fois dans l'Ouest) : une vengeance, une communauté isolée sous le joug d'une famille tout puissante. En revanche, la mise en scène est formidable, originale et les partis pris audacieux (musique rock, cadrages inspirés, réalisme des scènes d'action). Les décors sont extrêmement bien utilisés et participent d'une ambiance noire et opressante.
A noter une scène de bûcheronnage précédant les premiers actes de violence sèche qui m'a rappelé Le clan des irréductibles de Paul Newman.
Sorti il y a deux ans seulement, Paula Beer semble vraiment toute jeune dans ce film et bien loin de Frantz. Sam Riley sobre mais crédible une carabine à la main dans la séquence finale réaliste et crispante.