lundi 10 novembre 2014

Another Dawn - La Tornade (1937)



Quelques impressions rapides suite à la vision de Another Dawn :

Finalement j'ai plutôt bien aimé ce film en dépit d'une grosse impression de déjà vu.
Spoiler:
Cette scène finale dans laquelle les deux personnages masculins jouent à pile ou face qui ira se sacrifier, je l'ai vu je ne sais plus où sauf que les deux faces de la pièce étaient alors les mêmes. Surement un truc très connu qui m'est sorti de l'esprit. Il y a même surement plusieurs scènes de films assez proches au moins dans l'esprit. Bref, aucune originalité dans ce film.

En outre je ne suis d'ordinaire pas fan des films d'aventure coloniaux (Beau Geste, Four feathers, Les lanciers du bengale etc).

De fait, le plaisir est ailleurs : le film n'a aucun intérêt autre que les très belles scènes entre Kay Francis et Errol Flynn.
Un constat s'impose immédiatement : c'est un couple de cinéma magique, l'alchimie fonctionnant à merveille entre eux-deux. Et chose pas si courante, aucune figure ne domine l'autre. Pour ma part, c'est la première fois que j'ai cette sensation qu'Errol a trouvé son égal féminin. Je ne dis pas cela pour dénigrer Olivia de Havilland, formidable dans tous leurs films. C'est juste que l'on est pas ici dans le schéma phallocrate habituel (la faute est d'ailleurs peut-être plus imputable à Warner qu'à Olivia d'ailleurs) et que ça change.
Il faut dire aussi que je suis dans ma phase Kay Francis, l'actrice naphta que j'ai découvert le plus tardivement, en fait bien longtemps après toutes les autres, comme s'il s'agissait d'un trésor de l'âge d'or qui m'avait été bien caché. Devant la caméra de Dieterle, elle est formidable également dans le pétillant Jewel Robbery aux côtés du génial William Powell.

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mardi 4 novembre 2014

Black Angel (1946)

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Black Angel / L'ange noir (1946)

Réalisation : Roy William Neill
Scénario : Roy Chanslor

Trois hommes tournant autour d'une femme fatale, c'est toujours au moins deux de trop..

Dès les premières scènes de Black Angel on baigne d'emblée dans une pure ambiance de film noir. Une blonde gisant sur le tapis, un foulard en soie serré autour du coup, un disque tournant en boucle le même morceau entêtant chanté par la même blonde, un flingue posé sur le lit, un homme s'introduisant dans le clair obscur d'un appartement, un crime.. En quelques secondes pratiquement tous les codes du genres sont présents.
Cet homme, c'est Kirk Bennett. Ayant laissé ses empreintes partout sur les lieux du crime et en outre reconnu dans le couloir par la gouvernante alors qu'il cherchait le vraisemblable meurtrier en fuite, il est arrêté et jugé coupable pour l'assassinat de la chanteuse de cabaret Mavis Marlowe (Constance Dowling). Kirk Bennett est condamné à la peine de mort (par chambre à gaz), mais sa femme Catherine Bennett (June Vincent) totalement convaincue de son innocence n'entend pas baisser les bras et part à la recherche du véritable tueur. Elle est rapidement aidé par Martin Blair (Dan Duryea), le mari évincé et alcoolique de la victime..

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Dan Duryea yeaaaahh !

Quel plaisir de voir cet acteur dans un rôle différent. Dans ce Black angel, il a l'occasion d'incarner un personnage plus complexe que celui du malfrat habituel dans lequel il excelle tellement (trop à son détriment peut-être).
Je crois qu'il s'agit ici d'ailleurs de son premier rôle en tête d'affiche (dans Kathy O' en 1958 il aura une autre belle occasion d'incarner un "gentil").

Scarlet Street, The Woman in the Window, Criss Cross, Too Late for Tears, Ministry of Fear and One Way Street ...
Quel putain d'acteur de film noir!

Mais même quand Dan Duryea incarne un "gentil", ce n'est jamais aussi simple que ça ... il y a toujours au moins un truc qui cloche. S'il n'incarne pas ici une canaille, il est un alcoolique qui doit se faire enfermer dans sa propre chambre la nuit afin de protéger les autres (et lui-même) de ses éventuels excès sous influence. Frustré et évincé par sa propre femme qui lui interdit l'accès de son appartement, il incarne un loser magnifique. Aussi est-il naturellement sur la liste des suspects jusqu'à ce que son logeur l'innocente (il était dans sa chambre sous verrou au moment du meurtre).

Le sinistre Peter Lorre (un peu sous-employé en patron louche du cabaret qui semble avoir quelque-chose à cacher) et le futur oscarisé Broderick Crawford (Capitaine Flood) complètent le beau casting de ce film noir rendu glamour grâce à la belle présence de June Vincent.
Le mystère plane dans ce whodunit aux accents hitchcockiens (blonde glamour de caractère, femme fatale, hommes fragiles, ratés socialement et psychologiquement en déserrance, ambiance de suspicion, suspense constant, subconscient manipulateur et flash-back révélateur) dont le titre même est une énigme.

Qui est cet ange noir ?

Le spectateur est constamment manipulé (avant tout par les choix de son casting, Peter Lorre et Duryea obligent). L’ambiguïté règne . Même la victime du crime, Mavis Marlowe/Constance Dowling, n'est pas une oie blanche, loin de là puisqu'elle faisait chanter ses amants.

A l'instar d'autres noirs comme Stranger on the Third Floor ou Phantom Lady (dans lequel néanmoins le meurtrier est connu dès le départ), c'est la femme ou l'amoureuse du présumé coupable qui enquête pour tenter de retrouver le vrai meurtrier. Ici June Vincent doit déployer de nouveaux talents insoupçonnés pour s'introduire dans le cabaret de Peter Lorre, en se faisant passer pour une chanteuse accompagnée du pianiste Dan Duryea. Celui-ci trouve ainsi une raison de sortir de son alcoolisme et de voir le bout du tunnel de la dépression dans lequel il était tombé. Le malheur de l'un fait le bonheur de l'autre et il se verrait bien consoler sa nouvelle partenaire..

Le film est dépourvu de scènes d'action et de flingues. Non on est pas dans ce genre de noir, je préfère prévenir. Mais on ne s'ennuie pas. En dépit d'un scénario finalement moins complexe et intéressant que ses personnages et une durée courte (81 min), il offre de nombreux éléments inhérents au noir. Et si le spectateur croit deviner le coupable dès le début, il devra réviser constamment son jugement.


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lundi 3 novembre 2014

David et Madame Hansen (2012)

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David est ergothérapeute. Il exerce depuis peu dans une riche clinique suisse. Alors que, un matin, il manque une de ses collègues à l'appel, on lui confie une patiente amnésique et tourmentée à accompagner pour une course en ville : Madame Hansen-Bergmann. D'abord prudent et respectueux du protocole médical, David se montre procédurier. Mais au fur et à mesure qu'il côtoie sa patiente, sa curiosité grandit : tant de provocation et d'insolence, mêlées à de si soudaines vagues de détresse et de chagrin inexpliquées, ne peuvent cacher qu'un grand traumatisme. Ils ne reviendront pas à l'heure prévue…

Y a personne pour surveiller ?

Isabelle Adjani est successivement très drôle et touchante dans ce film écrit, produit, réalisé et monté par Alexandre Astier.
L'affiche Astier/Adjani improbable au premier abord apparait rapidement comme une évidence tant la douce folie de l'un se marie bien avec la marque de fabrique humoristique très personnel de l'autre. Isabelle incarne ici une sorte de parodie d'elle-même (ou de ce qu'elle pourrait devenir) et de ses rôles passés, preuve qu'elle sait faire preuve d'auto-dérision.
Les dialogues font mouche et semblent (sont?) écrits pour elle (j'ai lu quelque-part que le scénario avait été écrit pour Alain Delon..). J'ai été étonné par la qualité de la photographie également. De même pour la mise en scène (je pense à la scène de flashback notamment), Alexandre Astier étant définitivement un nouveau réalisateur à suivre.

Malheureusement, mon intérêt s'est dilué à mi-parcours dès lors que le film penchait vers le drame (attendu). Alors qu'en même temps, cette escapade tragi-comique d'un thérapeute avec sa patiente devenait pourtant quelque-peu improbable.
Face à une Adjani/Madame Hansen touchante, subitement le personnage de David parait bien creux, sans parler des deux autres compagnons de virée plutôt transparents. Astier faisant le poids face à Adjani dans le registre comique mais plus dans le drame.

Un film tout de même réussi dont la seconde partie se veut émouvante alors que la première penchait franchement dans la farce. Il parait néanmoins mineur au regard du talent et de la filmographie de l'actrice. C'est peut-être d'ailleurs le principal souci d'Isabelle Adjani aujourd'hui, ce droit revendiqué de faire des films plus simples ou légers.

dimanche 2 novembre 2014

De Force (2011)

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Des braquages très violents obligent la commissaire Clara Damico, chef de la brigade de répression du banditisme, à collaborer avec Manuel Makarov, une figure des gangs…

Ne réveillez pas une flic qui dort..

Frank Henry, ex-voyou et scénariste d'épisodes de Braquo et Engrenages s'est lancé dans la réalisation avec ce thriller avec probablement l'ambition de marcher dans les pas de l'ex-flic Olivier Marchal ou de Fred Cavayé (Pour elle, À bout portant, Mea Culpa), les deux chefs de fil du néo-polar français. Seulement, ce film n'est pas du même niveau, que ce soit en terme de mise en scène (ça manque de tension et d'action, on est clairement pas chez Cavayé) comme de dialogues. Brutaux, bourrés d'argot (attention aux sourds d'oreille surtout lorsque c'est Cantona), ils sont souvent assez plats (en particulier ceux entre policiers), à l'exception de quelques répliques percutantes lors des face à face Cantona/Adjani (clairement les passages les plus tendus et les plus réussis) ou de scènes qui sentent le vécu (Cantona distribuant des bandes-dessinées en prison). En bref, on a souvent l'impression d'être dans une série policière de Canal+ (ce qui reste péjoratif en dépit des progrès de ces dernières années).

L'intrigue est pourtant prenante pendant la majeure partie du film et l'on ne s'ennuie pas. Le scénario n'est pas balisé et surprend jusqu'à la fin. Lorsque les cartes se brouillent un peu (la flic et le malfrat dans un début de relation d'amour vache), l’intérêt grandit mais malheureusement celui-ci tombe à plat, la faute à un dénouement qui s'avère totalement raté et bien trop vite expédié. Le réalisateur a sans doute voulu un film âpre et sec mais là ça se termine un peu trop facilement au regard de ce que la confrontation promettait.
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De Force est donc bien une déception mais pas "l'horreur" qu'on dit. Cantona vs Adjani, l'affiche était bien trop intrigante et tapageuse pour qu'on pardonne le moindre faux pas: ce serait donc soit "une claque" soit un nanar. Aucun des deux en fait, plutôt un coup d'essai maladroit mais prometteur.
Si Cantona (le vrai héros du film) est égal à lui-même, Thierry Fremont très bon et Linh-dan pham trop rare (ici comme ailleurs), Adjani m'a plutôt convaincu pour son premier rôle de flic (et de mère) et j'ai très envie qu'elle remette ça avec un scénario bien plus dense, de bon dialogues et surtout un réalisateur plus chevronné. Qu'on la voit davantage en action une arme à la main, à l'image de ce qu'a fait Daniel Auteuil chez Olivier Marchal.

Alors que sa beauté fulgurante est désormais fannée ("tu serais presque baisable" lui assène Cantona), ce serait une belle nouvelle direction à donner à sa carrière, ..
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lundi 27 octobre 2014

Tout feu, tout flamme (1982)

Tout feu tout flamme est un petit bijou, une merveille de fantaisie et de tendresse dans lequel le style frénétique de Rappeneau fait mouche comme dans ses films antérieurs (La Vie de château, Les Mariés de l'an II et Le Sauvage bien sûr tant les films semblent cousins par la prestation truculente Hé hé hé d'Yves Montand).

Le face à face Père-fille / Montand-Adjani est mémorable. Deux légendes pour le meilleur du rire avec toujours ses furtifs moments d'attendrissement et de bienveillance comme autant de respirations typiques du cinéaste (qui manqueront un peu dans Bon voyage, comédie réussie mais un cran en-dessous). Je pense à cette scène finale de poursuite où, alors que le film parait s’essouffler et devenir farfelu, Montand se retrouve à apprendre à sa fille Adjani à faire du vélo parce que "personne ne lui a jamais appris".

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Captain China / Dans les mers de Chine (1950)

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Captain China / Dans les mers de Chine (1950, de Lewis R. FOSTER, d'après le roman de John et Owen BAGNI)

"Film d'aventures maritimes pas transcendant mais mais dont les 1er rôles se nomment Gail Russell :oops: et John Payne…"

Le capitaine China a un compte a réglé avec son ancien second, Brendensen, après s'être retrouvé seul, ivre et enfermé dans sa cabine et avoir failli couler avec son bateau. Finalement repêché, China est révoqué. Cherchant à retrouver son poste de capitaine déchu, il se retrouve à nouveau en rivalité avec Brendensen, lorsqu'il embarque sur le navire de celui-ci. Il en profite pour régler ses comptes (avec Brendensen mais aussi avec un marin qu'il suspecte de l'avoir enfermé dans sa cabine lors du naufrage).
Gail Russell est une passagère rapidement intrigué par ce quasi-mythique "China" dont tout le monde parle. La rivalité entre China et Brindensen s'accroit alors.

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John Payne n'incarne pas le héros d'aventure valeureux à la Errol Flynn /Tyrone Power. C'est un homme brutal, hargneux, revanchard et qui se bat avant tout pour lui-même. Il faut voir dans quel état quasi bestial il se met lors d'une bagarre sur le pont avec un marin (Lon Chaney Jr), ce qui n'est pas pour déplaire à la belle Gail (dont l'état d'excitation devant la scène est sans équivoque). A cet égard, son personnage est très intéressant, se situant à mi-chemin entre la femme fatale et la jeune femme fragile que l'on trouve d'ordinaire dans le cinéma d'aventure (cf. Virginia Mayo, Olivia de Havilland, etc). Elle est de fait assez proche de certaines héroïnes de western (Angie Dickinson, Rhonda Fleming..).
C'est d'ailleurs elle qui fait le premier pas et s'invite dans la cabine de China, lui faisant le coup du "une allumette ?". On pense à Lauren Bacall face à Bogart dans la fameuse scène du port de l'angoisse.

Le film n'est d'ailleurs pas tout à fait un film d'aventure. S'il commence un peu ainsi, on est en suite un peu frustré par le manque d'action et de rebondissements. On est clairement pas devant un grand film exotique d'aventure mais plutôt devant quelques péripéties maritimes avec une pointe de romance (comme Les naufrageurs des mers du sud mais dans la série B). Sur terre, le scénario aurait également pu être celui d'un (petit) film noir rédempteur. Le film a également un petit côté "Casablanca", son dénouement est d'ailleurs son exact inverse..

S'il y a du John Wayne dans John Payne, carrure aidant, on est pas immédiatement convaincu lorsqu'il enfile sa casquette de capitaine de navire. Trop fougueux peut-être (ou sans doute ai-je été trop marqué par certains de ses rôles de loser magnifique).
En revanche, j'ai trouvé ses (trop courtes) scènes de romance avec Gail très convaincantes. Sans parler de la castagne dans lequel il excelle toujours autant..

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samedi 25 octobre 2014

Crosswinds (1951)

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Crosswinds (1951)

Excellent moment passé devant ce film d'aventure de 1951, Crosswinds alias "L'or de la Nouvelle-Guinée" en français.
Le ténébreux dur à cuir John Payne (tendance Mitchum en plus athlétique) avant de finir dans les bras de la très sexy Rondha Fleming devra défendre chèrement sa peau contre des escrocs en pagaille (les gueules Alan Mowbray et John Abbott et le double malfaisant du héros incarné par Forrest Tucker qui lui vole son bateau avant de se retrouver à ses côtés dans la quête de l'or) et autres "sauvages" et crocodiles. Pas énormément d'action selon les critères actuels, une pointe de romantisme, un scénario simple et pourtant on ne s'ennuie à aucun moment. Le technicolor tire partie de paysages de rêve et bien sûr de la beauté de la belle Rhonda qui illumine le film de sa présence. Le couple Payne-Fleming est très réussi et constitue l'atout majeur de ce bon divertissement de dimanche après midi.
Une vague quête d'un trésor ("l'or" du titre du film est caché dans une épave d'avion) servant de prétexte à l'aventure presque 100% sur mer. Du cinéma pour rêver, ado des années 50 ou adulte du XXIème siècle, ça marche encore, le sourire moqueur en plus (ou non). Un type de cinéma qui s'est malheureusement totalement perdu en dépit de quelques ultimes rejetons (bien moins romantiques et bien plus excitées) dans les années 80 (A la poursuite du diamant vert, Alan Quaterman..).

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mercredi 17 septembre 2014

L’Amant de 5 jours (1961)

Suite de la complicité Cassel/De Broca après Les jeux de l’amour (1959), Le Farceur (1961), L’Amant de 5 jours (1961) précède Un Monsieur de Compagnie (1965). Pas vu ce dernier, mais je le préfère aux deux premiers. Peut-être grâce au reste du casting, notamment une Jean Seberg magnifique (j'ai toujours l'impression qu'elle a une perruque avec ses cheveux longs -d'ailleurs n'est-ce pas le cas- et sans son accent, je ne l'aurai peut-être pas reconnu et pourtant elle est à tomber), Perrier en cocu (faussement) imbécile et la toujours piquante et joueuse Micheline Presle, ici entre deux âges si je puis dire.

Bien que la fantaisie soit toujours bien présente, je trouve ce film plus équilibré, avec des moments de répit (comme tu l'as sous-entendu aussi). Dans Les jeux de l'amour par exemple (ou d'autres De Broca comme les Bebel), je suis rapidement soulé par la succession de délires fantasques. Là non pour le coup et même le personnage de Cassel semble est plus posé (et plus mélancolique) que précedemment.
Un moment de grâce par exemple, lorsque les deux "légitimes" respectifs (Perrier et Presle) dansent devant les deux amants (Cassel/Seberg) qui se regardent, une valse mélancolique en fond sonore. Ou encore lorsque François Perrier lui dit "Je ne veux pas de cage pour toi. Tu es faites pour l'air. Tu es si belle quand tu rentres". La musique est parfaire à chaque fois pour amplifier cette mélancolie latente.

Ce mélange de mélancolie et de fantaisie m'a fait pensé au Fanfan d'Alexandre Jardin (dans lequel on retrouve également Micheline Presle et avec un très bon Vincent Pérez) que j'aime beaucoup. Ce ne serait d'ailleurs pas étonnant que Jardin ai eu comme modèle De Broca pour qui il a travaillé à peine deux ans (Les clés du paradis,1991) avant de le réaliser.

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mardi 16 septembre 2014

The Devil Thumbs A Ride (1947)

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The Devil Thumbs A Ride (1947)


Je sais maintenant précisément d'où vient cette image de Lawrence Tierney..
Le serpent guette sa proie dans un garage, prêt à profiter de la naïveté d'un jeune américain bien tranquille ayant juste un peu trop profiter d'une soirée de célibat provisoire avant de reprendre la route pour rejoindre sa jeune femme. Tierney profite de ce petit écart pour embarquer le jeune homme particulièrement crédule (et deux jeunes femmes par la même occasion) dans sa fuite après un hold up, en lui proposant de prendre le volant pour lui éviter une amende pour conduite en état d'ivresse..

Les ficelles sont souvent (très) grosses mais le film est sec (1h02) ce qui est appréciable. D'une soirée un peu trop arrosée suit un petit mensonge par téléphone à la maison (pour ne pas dire a sa femme qu'il se trouve dans un chalet en compagnie de deux jeunes femmes) puis de gros ennuis avec la police lorsqu'un motard de la police est volontairement renversé par Tierney.

C'est encore par l'alcool que le gangster se débarrasse d'un veilleur de nuit. Moralité, l'alcool c'est pas bien !

Le repaire du forçat (Deep Valley) 1947


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Ida Lupino est absolument FA BU LEUSE dans ce film.
Peut-être bien son interprétation la plus touchante et juste. Ce n'est pas exactement un rôle d'attardée mentale ou de neuneu, plutôt un rôle à la "Carrie" de De Palma, d'une jeune femme trop sensible et introvertie, victime d'un environnement familiale malsain, de la guerre que se livrent ses parents. Bon OK, elle n'a objectivement plus 15 ans, mais dans un lieu isolé de l'Amérique du début du siècle (une route est pour la première fois en construction justement), on peut adhérer à ce postulat. De mémoire, Gene Tierney dans La Route au tabac de John Ford avait un rôle plutôt proche de sauvageonne illettrée. Mais son rôle évolue progressivement et effectivement "plus le film avance et plus elle est sublime".

Face à Ida, l'acteur Dane Clark au look de jeune Yves Montand, est très bon. Il arrive parfaitement à alterner les sentiments de tendresse, lassitude et de violence latente prête à exploser.
En ce sens son interprétation est proche de celle de Burt Lancaster dans Kiss the Blood off my Hands (Les amants traqués) même si tout de même j'ai une préférence pour ce dernier, l'un des mes acteurs fétiches. Les deux films sont d'ailleurs très proches. Burt est davantage dans l'explosion, Dane dans le desespoir. Les deux ont une chance de rédemption par l'amour.

Ce film noir, car il s'agit bien pleinement d'un film noir pour moi, d'un film noir champêtre dirons nous, est à voir absolument pour tout fan de cette très grande actrice !

Je remets ici le lien vers le texte complet de Kiemavel, texte qui s'apprécie d'autant plus lorsqu'on a vu le film, diffusé sur TCM il y a quelques temps, en attendant une hypothétique sortie dvd.



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