lundi 3 novembre 2014

David et Madame Hansen (2012)

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David est ergothérapeute. Il exerce depuis peu dans une riche clinique suisse. Alors que, un matin, il manque une de ses collègues à l'appel, on lui confie une patiente amnésique et tourmentée à accompagner pour une course en ville : Madame Hansen-Bergmann. D'abord prudent et respectueux du protocole médical, David se montre procédurier. Mais au fur et à mesure qu'il côtoie sa patiente, sa curiosité grandit : tant de provocation et d'insolence, mêlées à de si soudaines vagues de détresse et de chagrin inexpliquées, ne peuvent cacher qu'un grand traumatisme. Ils ne reviendront pas à l'heure prévue…

Y a personne pour surveiller ?

Isabelle Adjani est successivement très drôle et touchante dans ce film écrit, produit, réalisé et monté par Alexandre Astier.
L'affiche Astier/Adjani improbable au premier abord apparait rapidement comme une évidence tant la douce folie de l'un se marie bien avec la marque de fabrique humoristique très personnel de l'autre. Isabelle incarne ici une sorte de parodie d'elle-même (ou de ce qu'elle pourrait devenir) et de ses rôles passés, preuve qu'elle sait faire preuve d'auto-dérision.
Les dialogues font mouche et semblent (sont?) écrits pour elle (j'ai lu quelque-part que le scénario avait été écrit pour Alain Delon..). J'ai été étonné par la qualité de la photographie également. De même pour la mise en scène (je pense à la scène de flashback notamment), Alexandre Astier étant définitivement un nouveau réalisateur à suivre.

Malheureusement, mon intérêt s'est dilué à mi-parcours dès lors que le film penchait vers le drame (attendu). Alors qu'en même temps, cette escapade tragi-comique d'un thérapeute avec sa patiente devenait pourtant quelque-peu improbable.
Face à une Adjani/Madame Hansen touchante, subitement le personnage de David parait bien creux, sans parler des deux autres compagnons de virée plutôt transparents. Astier faisant le poids face à Adjani dans le registre comique mais plus dans le drame.

Un film tout de même réussi dont la seconde partie se veut émouvante alors que la première penchait franchement dans la farce. Il parait néanmoins mineur au regard du talent et de la filmographie de l'actrice. C'est peut-être d'ailleurs le principal souci d'Isabelle Adjani aujourd'hui, ce droit revendiqué de faire des films plus simples ou légers.

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